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Bégin, Danault et Denis immortalisés

Par Louis-Simon GAUTHIER - Le Nouvelliste-vendredi 15 Déc 2017

Trois-Rivières — Afin de fêter leur quart de siècle en grand, les Estacades midget AAA dérouleront le tapis rouge à trois de leurs principaux ambassadeurs, le 21 janvier, en retirant les chandails de Marc Denis (1) Steve Bégin (20) et Phillip Danault (10).

Ces trois anciens joueurs deviendront les premiers portes-couleurs de l’organisation à voir leur numéro perché dans les hauteurs du Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Une reconnaissance qui va droit au coeur des principaux concernés, avec lesquels Le Nouvelliste a pu s’entretenir mercredi.

Le gardien en exil

Après sa dernière année dans le bantam AA, Marc Denis croyait pouvoir entamer la saison 1993-94 avec l’équipe de Montréal dans le midget AAA. Il a plutôt été retranché au terme du camp d’entraînement. «Il n’y avait pas de midget Espoir à l’époque», rappelle Denis, aujourd’hui analyste des rencontres du Canadien à RDS.

Abattu, l’adolescent a reçu l’appel tant espéré quelques jours plus tard. Un appel en provenance de Cap-de-la-Madeleine, où une équipe d’expansion venait de voir le jour. «René Perron et Alain Groleau m’ont invité à un camp d’essai très rapide avec les Estacades. Je n’ai jamais regretté cette décision. Ça m’a conduit dans la LHJMQ, puis la LNH.»

Encouragé par ses proches, Marc Denis s’est établi en pension en Mauricie, où il a connu une belle saison dans le maillot des Madelinois. «Je suis un joueur des Estacades pour la vie. Les gens qui gravitaient autour de l’équipe il y a 25 ans ne sont plus les mêmes, mais chaque fois que j’y retourne, je me sens à la maison. C’est un bel honneur de pouvoir partager ce moment spécial avec Steve et Phillip, que je côtoie aujourd’hui dans ma vie professionnelle.»

De rebelle à meneur

Steve Bégin aura joué huit matchs devant Marc Denis, lors de la campagne inaugurale des Estacades. C’est l’année suivante qu’il s’est imposé comme l’un des bons attaquants de la deuxième cuvée de l’histoire de la concession, avec 24 points en 35 matchs. Quelques années plus tard, le fougueux patineur serait l’un des favoris de la foule au Centre Bell. Son style n’a jamais été égalé depuis chez le Tricolore.

Pourtant, tout aurait pu dérailler pour le p’tit gars de Trois-Rivières. Coupé du camp à son année de 15 ans, il était enragé en retournant dans le bantam AA. «J’ai perdu la tête et tôt dans la saison, on m’a décerné une suspension de dix matchs à la suite d’un geste posé à l’endroit d’un adversaire», explique Bégin.

«J’ai repris le contrôle, puis l’année suivante, on me nommait capitaine dans le midget AAA à 16 ans. J’ai toujours cru que j’atteindrais la LNH, mais les morceaux ont commencé à se placer avec les Estacades. J’en dois beaucoup à Alain Groleau, qui a convaincu Richard Martel de m’insérer sur Équipe Québec aux Jeux du Canada. C’est un point tournant de ma carrière.»

Si les Foreurs de Val-d’Or ont déjà retiré son numéro, ce sera la première fois que Bégin vivra une telle cérémonie dans sa région natale. «C’est une double fierté», lance sans détour le sympathique retraité du hockey.

Un entretien qui a tout changé

En mettant les pieds au CSAD à l’automne 2008, Phillip Danault était bien aux faits de la réputation de l’entraîneur Gilles Bouchard. «On disait qu’il était sévère et pas parlable», rigole le numéro 24 du Canadien, appelé à replonger dans ses souvenirs. «Autour de la période des Fêtes, j’avais quelque chose comme 4 points en 18 matchs. Je suis entré dans le bureau à Gilles en lui disant que j’étais toujours le premier arrivé sur la glace et le dernier sorti. J’ai pleuré devant lui! Je voulais du temps de jeu.»

Incrédule face à la réaction de son poulain, Bouchard lui a par la suite attribué davantage de responsabilités. «J’ai tripé! Nous avons atteint la finale, c’était comme dans les films avec la pension, la vie dans une nouvelle ville et tout. J’ai adoré Trois-Rivières et Gilles fut l’un de mes meilleurs entraîneurs à vie.»

À 24 ans, le Victoriavillois sourit quand on lui demande s’il ne se trouve pas un peu jeune pour participer à une cérémonie de retrait de chandail. «Mon stage dans le midget AAA commence déjà à dater! Sérieusement, c’est un grand privilège que m’accordent les Estacades. De bons joueurs sont passés par ici.»

C’est le cas d’Alex Tanguay et Jason Pominville, entre autres. Le président du conseil d’administration des Estacades, Serge Hamel, convient que d’autres noms pourraient suivre à l’avenir.

«Nos trois premiers intronisés cadrent avec les valeurs des Estacades et deux d’entre eux proviennent de notre bassin de développement», souligne-t-il, en invitant les amateurs à assister à ce dévoilement en grand nombre.